Un jour, quelqu’un me dit :
« Tu es une bonne personne. »
Et presque malgré moi, je réponds :
« C’est bien là le problème. »
Cette phrase peut surprendre. Elle peut choquer. Elle peut même déranger.
Et pourtant… elle révèle quelque chose de profond sur notre époque.
La bonté dérange
Dans une société où la performance est reine, où la rapidité écrase la lenteur, où l’apparence vaut parfois plus que l’authenticité, être une bonne personne peut sembler naïf.
On valorise :
- Celui qui s’impose
- Celui qui gagne
- Celui qui parle plus fort
- Celui qui prend sa place… quitte à la prendre sur celle des autres
La bonté, elle, ne crie pas.
Elle ne s’impose pas.
Elle ne manipule pas.
Elle écoute.
Elle respecte.
Elle laisse de l’espace.
Et cela peut déranger.
Être bon, ce n’est pas être faible
Il existe une confusion immense.
On confond bonté et faiblesse.
Pourtant, regardons des figures comme Mahatma Gandhi ou Nelson Mandela.
Leur force ne venait pas de la domination.
Elle venait de leur intégrité.
Être une bonne personne, c’est :
- Refuser la violence inutile
- Choisir l’honnêteté quand le mensonge serait plus facile
- Garder le cœur ouvert malgré les blessures
Cela demande une puissance intérieure immense.
Le monde exploite les cœurs ouverts
Il faut être lucide.
Oui, certaines personnes profitent des gens bons.
Le gentil devient celui à qui on demande toujours plus.
Celui qui comprend trop.
Celui qui pardonne trop vite.
Celui qui ne dit pas non.
Alors la bonté se transforme en fatigue.
En frustration.
En solitude.
Et c’est là que naît cette phrase :
« C’est bien là le problème. »
Parce que dans une société compétitive, la douceur peut sembler désavantagée.
Mais le vrai problème est ailleurs
Le problème n’est pas d’être bon.
Le problème est de ne pas savoir poser ses limites.
La bonté sans limites devient sacrifice.
La générosité sans conscience devient épuisement.
L’empathie sans protection devient douleur.
Être une bonne personne ne signifie pas :
- Se taire
- Se diminuer
- Tout accepter
- Se faire marcher dessus
La bonté mature sait dire :
« Je te respecte, mais je me respecte aussi. »
Une société qui manque de bonté
Si la bonté était réellement un problème, alors pourquoi en manquons-nous autant ?
Pourquoi cherchons-nous des personnes sincères ?
Pourquoi avons-nous soif d’authenticité ?
Pourquoi la bienveillance nous touche-t-elle autant quand nous la rencontrons ?
La vérité est simple :
La bonté est rare.
Et ce qui est rare est précieux.
Être bon dans un monde dure
Être une bonne personne aujourd’hui, c’est un acte presque révolutionnaire.
C’est refuser de devenir cynique.
C’est refuser de se fermer.
C’est choisir de rester humain.
Mais cela exige :
- De la conscience
- De la solidité intérieure
- Des frontières claires
La bonté ne doit pas être fragile.
Elle doit être enracinée.
La vraie force
La vraie force n’est pas d’écraser.
La vraie force est de rester droit quand tout pousse à se courber.
Être une bonne personne, ce n’est pas être parfait.
C’est choisir, chaque jour, d’agir en accord avec ses valeurs.
Et si la société semble parfois préférer les plus durs, l’histoire montre que ce sont les plus justes qui la transforment.
Et si ce n’était pas un problème… mais une mission ?
Peut-être que ce n’est pas un problème d’être bon.
Peut-être que c’est une responsabilité.
Peut-être que la société ne rejette pas les bonnes personnes…
Peut-être qu’elle a simplement oublié à quel point elle en a besoin.
Alors la vraie question devient :
Comment rester bon sans se trahir ?
Comment garder le cœur ouvert tout en étant solide ?
Comment transformer la bonté en force consciente ?
Car le monde n’a pas trop de bonnes personnes.
Il en manque.
Et peut-être que le véritable défi n’est pas d’être bon…
Mais d’oser l’être pleinement, sans s’effacer.
Et toi…
Est-ce que tu crois encore que la bonté est un problème ?
Ou serait-elle, au contraire, la solution que l’on n’ose pas assumer ?
Ici, on intrigue.
Penses-tu que parler peut réellement transformer une émotion profonde ?



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