Et si vous n’aviez jamais eu besoin d’une corde ?
Imaginez une personne au fond d’un trou.
Elle souffre.
Elle cherche une sortie.
Elle essaie de comprendre comment elle est arrivée là.
Au-dessus d’elle, quelqu’un lui tend une corde.
« Attrapez-la. »
La corde est là.
La solution semble là.
Mais la personne n’a peut-être plus la force de grimper.
Alors elle lâche.
Et elle reste au fond.
C’est une image qui représente profondément ma façon d’accompagner.
Je descends

Je ne prétends pas être celui qui sait tout depuis le bord du trou.
Je ne regarde pas la personne souffrir en lui expliquant simplement ce qu’elle devrait faire.
Je descends.
Je vais à sa rencontre.
Parce que j’ai compris une chose essentielle au fil de ma propre vie :
on ne sort pas toujours d’un mal-être avec des explications.
Parfois, on a déjà tout compris.
On sait qu’il faudrait lâcher prise.
Prendre confiance.
Arrêter de culpabiliser.
Tourner la page.
Mais malgré tout…
quelque chose nous retient.
Le vrai problème
C’est là que beaucoup de personnes se retrouvent piégées.
Elles pensent qu’elles sont faibles.
Qu’elles manquent de volonté.
Qu’elles devraient être capables de s’en sortir seules.
Alors elles se jugent.
Elles cachent ce qu’elles ressentent.
Elles sourient devant les autres.
Et elles continuent à vivre avec ce trou à l’intérieur.
J’ai connu cette mécanique.
Et c’est aussi ce qui m’a appris à regarder autrement les émotions humaines.
Une émotion n’est pas toujours un problème à supprimer.
Elle peut être le signal d’une histoire qui demande enfin à être entendue.
Je ne reste pas en haut
Ma manière d’accompagner repose sur cette idée.
Je ne demande pas simplement à la personne de grimper.
Je vais là où elle se trouve.
Je cherche avec elle ce qui la bloque.
Ce qui se répète.
Ce qui fait mal.
Ce qui n’a jamais été réellement dénoué.
Avec ma méthode basée sur la conversation hypnotique, je cherche moins à combattre le mal-être qu’à permettre à la personne de modifier progressivement le rapport qu’elle entretient avec ce qu’elle vit.
Parce que parfois, ce n’est pas la personne qu’il faut réparer.
C’est ce qui l’emprisonne qu’il faut dénouer.
Puis nous remontons
Je ne descends pas dans le trou pour y installer quelqu’un.
J’y descends pour pouvoir l’accompagner vers la sortie.
C’est toute la différence.
Je ne veux pas que la personne ait besoin de moi pour avancer.
Je veux qu’elle retrouve suffisamment d’espace intérieur pour recommencer à avancer par elle-même.
Et c’est peut-être cela, au fond, que j’ai compris après avoir traversé certaines choses moi-même :
on ne demande pas à quelqu’un qui est au fond du trou de voir la lumière comme celui qui se trouve déjà dehors.
Il faut parfois commencer par le rejoindre.
Et si…
Et si votre problème n’était pas votre manque de volonté ?
Et si vous n’étiez pas cassé ?
Et si vous n’aviez simplement jamais rencontré quelqu’un capable de vous rejoindre exactement là où vous êtes ?
Parce qu’une corde peut aider à sortir d’un trou.
Mais parfois, la première chose dont une personne a besoin, c’est de ne plus être seule au fond.
Et c’est là que mon travail commence.
Je ne vous promets pas de faire disparaître votre trou.
Je viens vous rejoindre à l’intérieur pour comprendre ce qui vous empêche d’en sortir.
La question n’est peut-être donc plus :
« Comment vais-je m’en sortir ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce qui, en moi, me retient encore au fond ? »





Laisser un commentaire